La cave
Multimedia installation
2014-2016
En collaboration avec Philippe Artières
J’avais, au cours de plus de trois décennies d'activités professionnelles et d’aventures personnelles, accumulé des dizaines de milliers de prises de vues. Ces archives qui remplissaient deux caves, une à Paris, couvrant la période 1980-1996 et une à New York, de 1996 à aujourd’hui, témoignaient de l'évolution de ma production.
Comment transformer ces lieux inertes, poussiéreux, et sombres en un système actif, et discursif ? Comment concilier les principes initiaux de l’archive – états stables, régulés, ordonnés, organisation structurelle qui tend vers une totalité compréhensible - avec l’infinité des assemblages, des montages possibles qui permettent de nouvelles expériences formelles et conceptuelles ?
L’archive c'est toujours aujourd'hui. Dans la relation de l’intervention critique à l’archive se joue avant tout un rapport de temps : un discours au présent évalue des documents appartenant au passé. L’évaluation de l’actualité d’un objet (soit sa pertinence dans un temps), est l’aveu sans cesse renouvelé de son éphémère valeur.
D’autre part, il n’est pas possible de décrire, d’appréhender l’archive dans sa totalité, quelque soit l’accumulation d’index, de tabulations et de formes de représentation.
Puisque nous pensons, agissons à l’intérieur d’elle-même, toute action, commentaire, documentation, devient partie de l’objet d’étude. Nous nous retrouvons dans une structure récurrente, autoréférentielle, comme la conscience se pensant.
Face à ces différents axes de réflexion, notre projet consiste à proposer l’archive comme un ensemble évolutif qui se déploie temporellement et spatialement au fil des occasions, des rencontres, des interventions et à travers différents médias (expositions, vidéos, web site, livres...)
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I have, over several decades of professional work, experimentations and personal adventures, accumulated tens of thousands of photographs, numerous notebooks and documents, many hours of film and video that fills two basements. A small portion of them has been shown, published and sold, and can be considered my current artistic corpus. How to activate the rest of the archives and transform it into a discursive system? How to accommodate the principles of the archive – structural organization that leans toward a comprehensible totality – with the infinity of the possible editings? Under what kind of deployment this mass of documents and images constitutes an oeuvre?
I select, deploy, burn, scratch, cut, superimpose, and cast in resin, while photographing and filming the process. I test the many possibilities of installing those different elements in order to transcribe a certain relation to the word that goes from ontological to a reflexion on the relationships between personal and collective memory. The archives become the source of the production, creating an auto-referential loop unfolding like a dialectical movement between erasure and invention. The result is shown as photographs, videos and sculptural installations. Between invention and disappearing, I want to consider this archive as a subject and not as a ruin.